Que veux-tu de moi Seigneur ? En ce début d’année : discerner pour mieux aimer et mieux servir !
En ce début d’année : discerner pour mieux aimer et mieux servir !
Chaque début d’année apporte son lot de projets, de sollicitations et de nouveaux engagements. Famille, travail, paroisse, associations, amis… Les besoins sont nombreux et les occasions de donner de son temps ne manquent pas.
On nous demande de l’aide, une responsabilité, des bras, de la disponibilité. Et face à toutes ces demandes, il peut être difficile de dire non.
Une tension intérieure peut alors apparaître : nous savons que les besoins sont réels, mais peut-être désirons-nous aussi, parfois sans le voir, nous sentir indispensables.
Pourtant, tout besoin auquel nous sommes confrontés n’est pas nécessairement un appel personnel de Dieu.
Alors, comment savoir où Dieu nous appelle ? Comment trouver le juste équilibre entre le temps consacré à soi, à son couple, à ses enfants, à sa famille et aux autres ?
C’est là que le discernement devient essentiel.
Commencer par la prière : cœur à cœur avec Jésus, guide de nos vies
Avant de remplir notre agenda, commençons par faire de la place à Dieu.
Être à l’écoute de l’Esprit Saint demande du silence et une certaine disponibilité intérieure. Il est difficile d’entendre lorsque toute notre vie est remplie de bruit, d’activités et d’urgences.
Le discernement ne consiste pas seulement à établir des priorités ou à chercher l’organisation la plus efficace. Il commence par une écoute qui demande du temps et de la place pour Dieu :
« Seigneur, où m’appelles-tu cette année ? »
Alors, face à lui, dans le silence du cœur à cœur, nous pouvons regarder ce que Dieu a déposé en nous : nos talents, notre personnalité, notre histoire, nos capacités, mais aussi nos désirs profonds.
Nous pouvons nous demander :
- Où puis-je porter du fruit avec les talents que tu m’as donnés, Seigneur ?
- Qu’est-ce qui me fait profondément vivre ?
- Qu’est-ce qui me donne le sentiment d’être pleinement vivant ?
- Qu’est-ce qui me procure une joie profonde, même lorsque cela demande des efforts ?
- Vers quoi mon cœur revient-il régulièrement ?
Nous n’avons pas besoin d’être les meilleurs pour servir. Nous pouvons simplement donner ce que nous avons.
Nos désirs profonds peuvent eux aussi nous éclairer. Au-delà des envies passagères, ils peuvent révéler un lieu d’appel.
« Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. »
Peut-être faut-il alors chercher le lieu où se rencontrent nos talents, notre désir profond et les besoins des autres.
La bonne question ne sera donc pas uniquement :
« De quoi a-t-on besoin ? » Mais aussi : « Où Dieu fait-il grandir en moi le désir de donner et de servir ? »
Saint Ignace de Loyola nous invite justement à être attentifs à ce qui se passe en nous. Dans la prière et sous le regard de Dieu, nous pouvons apprendre à observer les mouvements intérieurs qui nous traversent :
- Que se passe-t-il en moi lorsque j’imagine accepter cette mission ?
- Cette perspective fait-elle grandir la paix, la confiance, l’espérance et la charité ?
- Ou fait-elle naître durablement l’agitation, la confusion, la peur ou le découragement ?
Il ne s’agit évidemment pas de suivre aveuglément ses émotions. Une mission juste peut nous impressionner ou demander un véritable effort. Mais, avec le temps, nous pouvons apprendre à reconnaître ce qui nous rapproche de Dieu et ce qui nous en éloigne.
Le discernement demande donc du temps. Il est précieux de relire régulièrement notre vie et de regarder les fruits de nos choix :
« Qu’est-ce qui me conduit vers davantage d’amour, de liberté et de confiance en Dieu ? Qu’est-ce qui, au contraire, m’enferme et me disperse ? »
Le discernement nous aide ainsi à distinguer un besoin réel, une demande légitime, une belle occasion et un véritable appel de Dieu. Toutes ces réalités ne se confondent pas.
Dieu ne nous appelle pas à être partout. Il nous appelle à aimer, là où nous sommes, avec les personnes qu’il nous confie, selon les responsabilités qui sont les nôtres et avec les dons qu’il a placés en nous.
Humilité et honnêteté pour choisir en liberté
Le discernement demande de l’humilité, mais aussi d’être honnête avec soi-même. Il ne s’agit pas seulement de se demander ce que nous aimerions faire, mais de regarder avec vérité où nous en sommes, ce que nous avons reçu, ce que nous pouvons donner et pourquoi nous voulons nous engager.
Être honnête face à notre situation de vie
Avant de répondre à un appel, regardons notre vie telle qu’elle est réellement.
- Un enfant rencontre-t-il des difficultés scolaires ou manque-t-il de confiance en lui ?
- Notre couple a-t-il besoin de davantage de temps et d’attention ?
- Toute la famille est-elle constamment en train de courir ?
- Avons-nous encore des moments gratuits pour souffler, nous retrouver et simplement être ensemble ?
Un engagement, même excellent, peut ne pas être adapté à la période que nous traversons. Reconnaître que ce n’est pas le bon moment n’est pas un manque de générosité. C’est parfois une décision profondément sage.
Car nous ne pouvons pas tout faire. Dire oui à trop de choses peut paradoxalement nous empêcher d’être vraiment présents là où notre présence est la plus importante.
Nous sommes parfois tentés de répondre à un besoin simplement parce qu’il existe. Mais Dieu ne nous demande pas nécessairement de combler tous les manques que nous rencontrons.
Il nous faut donc regarder avec réalisme le temps et l’énergie dont nous disposons déjà : nos responsabilités, notre famille, notre travail, notre vie personnelle et spirituelle.
La question n’est pas seulement :
« Est-ce que j’en fais trop ? »
Elle peut aussi être :
« Est-ce que ma vie me laisse suffisamment disponible pour aimer et me donner ? »
Car l’équilibre peut aussi se chercher dans l’autre sens. Si nous n’avons jamais de temps pour les autres, pour rendre service ou simplement nous donner un peu, n’y a-t-il pas quelque part un déséquilibre dans notre vie ?
Le chrétien est appelé à aimer et à donner. Cela ne signifie pas nécessairement prendre une grande responsabilité ou multiplier les engagements. Parfois, donner de son temps signifie simplement être disponible pour une personne seule, rendre visite, écouter, rendre un service ou s’arrêter quelques instants pour prendre soin de quelqu’un.
Être honnête face à nos talents et à nos limites
Dieu nous a donné une histoire, une personnalité, des compétences, des expériences et des charismes particuliers. Certains ont le talent d’écouter et d’accompagner. D’autres savent organiser, transmettre, accueillir, créer, enseigner, encourager ou prendre soin des plus fragiles.
Reconnaître ce que nous avons reçu avec humilité n’est pas de l’orgueil. C’est rendre grâce.
Nous n’avons pas besoin d’être la personne idéale pour répondre à un appel. Nous pouvons simplement offrir ce que nous avons.
« Je ne suis peut-être pas le meilleur, mais je peux donner ce que j’ai. »
Et il nous faut aussi accepter de reconnaître ce que nous ne savons pas faire, ce que nous ne pouvons pas porter et les domaines dans lesquels d’autres seront peut-être plus à leur place.
Il faut aussi reconnaitre humblement nos forces et nos capacités pour les mettre de façon ajustée au service de Dieu et de nos frères.
Être honnête face à nos bonnes et mauvaises raisons
Nous pouvons avoir de belles intentions et vouloir sincèrement servir Dieu et les autres. Pourtant, il est important d’oser regarder nos motivations avec vérité.
- Qu’est-ce qui me pousse réellement à accepter cette mission ?
- Est-ce le désir de servir, de donner ce que j’ai reçu, de répondre à un appel qui mûrit dans la prière ?
- Ou est-ce aussi le besoin de me sentir utile, indispensable, reconnu ou valorisé ?
- À l’inverse, quelles sont les raisons qui me poussent à refuser ?
- Est-ce une réelle limite, une responsabilité que je dois honorer, ou simplement la peur de me lancer, de ne pas être à la hauteur ou de sortir de ma zone de confort ?
Cette honnêteté nous permet de reconnaître à la fois nos forces et nos limites, sans nous surestimer ni nous dévaloriser.
Accepter de ne pas être seul à discerner.
Nous ne sommes pas toujours les meilleurs juges de nous-mêmes. Parler avec son conjoint, un ami de confiance, un prêtre ou un accompagnateur spirituel peut nous aider à prendre du recul et à regarder une situation avec davantage de clarté.
Parfois, nous avons besoin que quelqu’un nous dise : « Attention, tu en fais déjà beaucoup. »
Et parfois, au contraire : « Tu as les talents nécessaires. N’aie pas peur de te lancer ! »
Le discernement chrétien n’est donc pas nécessairement un exercice solitaire. Dieu peut aussi parler à travers ceux qui nous connaissent, qui nous aiment et qui cherchent sincèrement notre bien.
Reconnaitre que l’œuvre nous dépasse.
Mais l’humilité nous rappelle aussi une chose essentielle : nous ne sommes pas indispensables.
Nous pouvons parfois avoir l’impression que tout dépend de nous. Que si nous ne répondons pas présents, le projet ne pourra pas avancer. Que personne ne fera aussi bien que nous.
Mais l’œuvre est plus grande que nous.
Elle était là avant nous et, sauf exception, elle continuera après nous. Nous sommes appelés à participer à une œuvre qui nous dépasse. Nous faisons notre part, avec nos moyens et nos talents, mais nous n’avons pas à porter le monde sur nos épaules.
Servir avec humilité, c’est pouvoir dire : « Je ne peux pas tout faire. Je ne suis pas le meilleur en tout. Mais je donnerai ce que j’ai, avec joie et confiance. »
Et c’est peut-être précisément cette attitude qui nous rend disponibles à la grâce de Dieu. Il ne nous demande pas d’être extraordinaires, mais d’être disponibles et fidèles.
N’ayons pas peur !
Le discernement ne doit cependant pas devenir une manière d’attendre indéfiniment avant d’agir.
Nous pouvons prier, écouter, demander conseil, regarder honnêtement notre situation et prendre le temps de discerner. Mais nous ne saurons jamais tout à l’avance. À un moment, il faut accepter de choisir et de faire un pas. Avec confiance.
Dieu ne nous demande pas toujours de connaître tout le chemin. Il nous demande parfois simplement de faire le prochain pas.
Une fois le discernement posé, il nous faut donc accepter de lâcher prise. Nous ne connaîtrons jamais toutes les conséquences de nos décisions et nous ne pourrons jamais avoir toutes les garanties.
Mais nous pouvons avancer jour après jour, en nous laissant guider par l’Esprit Saint.
Et peut-être qu’au fond, discerner, c’est précisément cela : reconnaître ce que Dieu fait grandir en nous, accueillir humblement ce que nous avons compris, puis oser nous mettre en route.
Alors, en ce début d’année, prenons le temps de nous poser, de prier et d’écouter.
Demandons au Seigneur :
« Où veux-tu que je sois cette année ? Qui veux-tu que j’aime davantage ?
À qui veux-tu que je me donne ? Et de quoi veux-tu que je me libère pour être plus disponible à ta présence ? »
Puis, lorsque le chemin commence à se dessiner, n’ayons pas peur. Faisons confiance.
Comme le rappelle cette célèbre parole attribuée à sainte Catherine de Sienne :
« Si vous êtes ce que vous devez être, vous mettrez le feu au monde. »
Peut-être est-ce là notre belle résolution pour cette nouvelle année : chercher non pas à en faire toujours plus, mais à aimer mieux, à servir plus justement et à répondre avec confiance aux appels que Dieu nous adresse.
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